Insonorisation du plafond

Sommaire

Les concentrations de populations en milieu urbain des années 1950 ont conduit à bâtir toujours plus de logements, toujours plus vite. Dans cette frénésie, bâtisseurs et pouvoirs publics ont accepté de faire l’impasse sur des pans entiers de considérations qualitatives, comme le confort phonique. Il fallut attendre 1970 pour que soient promulguées les premières réglementations en la matière, ce qui explique pourquoi les immeubles édifiés après cette date sont plus faciles à isoler phoniquement.

Pour réduire efficacement une nuisance sonore, il convient, d’en déterminer précisément la cause : bruits d’impact ou bruits aériens. On fait le point.

Insonorisation plafond : les bruits d’impact

Nature des bruits d'impact

Les bruits d’impact, ou bruits solidiens, sont la manifestation perceptible par l’oreille humaine de 2 sources de vibrations affectant la structure du bâtiment :

  • les chocs produits par les activités humaines : chutes d’objets, chocs de semelles, coups portés aux murs et aux cloisons, déplacements de meubles ou d’objets divers, etc. ;
  • les vibrations provoquées par les équipements en mouvement, tournants ou vibrants, de toute nature : tuyauteries, moteurs, perceuses, ustensiles électroménagers, machines à laver, climatisations, enceintes acoustiques, instruments de musique, etc.

Bon à savoir : la majorité de ces nuisances sonores est transmise par les plafonds.

Parades aux bruits d’impact

On connaît 3 façons génériques pour réduire ou éviter les bruits d’impact :

1. Désolidariser les éléments de structure, en interposant, entre eux, des matériaux élastiques capables d’absorber les vibrations (sous-couches résilientes de chapes, sous-carrelages, revêtements de sol et parquets flottants, cloisons isolées de leurs supports, etc.).

Bon à savoir : Cette solution très lourde (aujourd’hui obligatoire dans le neuf), n’est envisageable, en rénovation, qu’à l’occasion de la réfection structurelle du bâtiment.

2. Poser un matériau résilient sous toute la surface de plancher de l’étage supérieur, en prenant soin d’éviter tout contact avec les murs verticaux (sous-couches élastique de revêtements de sol et parquets) ou interposer un dispositif absorbant sous les appareils générateurs de vibrations (machines, enceintes acoustiques, supports de tuyauterie, radiateurs, baignoires, etc.).

À noter : L’efficacité de cette solution est étroitement liée à l’épaisseur et au coefficient d’élasticité du matériau résilient, à la charge qu’il supporte (inopérant si la compression est totale), et à la nature et la masse du support (béton d’au moins 18 cm d’épaisseur).

3. Poser un faux-plafond suspendu à effet masse-ressort-masse, typiquement composé de :

  • Suspentes antivibratiles, pour réduire la transmission des vibrations à l’ossature. Lorsque les dimensions de la pièce le permettent, le résultat est optimisé par la suppression des suspentes. L’ossature traversante est alors directement fixée sur les murs latéraux.
  • Ossature métallique ou bois.
  • Interposition de 2 couches croisées d’isolant certifié phonique (laine de verre, laine de roche, isolant naturel...), ou d’une couche de mousse spécialisée, la plus épaisse possible (mousse de polyuréthane alvéolé), entre le plafond et l’ossature.
  • Parement de finition (plaques de plâtre, panneaux dérivés du bois ou autres) vissé sous l’armature. Le doublage à couches croisées de ce parement et/ou l’interposition d’une couche de plaques de plâtre entre l’isolant et le plafond d’origine améliore les performances.

Remarque : pour parer les transmissions indirectes, l’isolation à l’identique des parois verticales s’avère souvent nécessaire.

Insonorisation du plafond : les bruits aériens

Nature des bruits aériens

Les bruits aériens sont véhiculés par l’air, qui profite du moindre interstice (dessous de portes, jeu dans les ouvertures, coffres de volets roulants...) pour les transmettre. Ils sont aussi capables de traverser les planchers, les plafonds et les parois murales, en leur transmettant leurs vibrations, qui à leur tour font vibrer l’air en contact avec la face opposée.

Deux sources de bruits aériens se transmettent donc ainsi de proche en proche :

  • les bruits produits à l’intérieur des locaux (conversations, radio, télévision, cris d’enfants…) ;
  • les bruits émanant de l’extérieur (transports routiers, aériens et ferroviaires, bruits d’ambiance de la rue, orage…).

Parades aux bruits aériens

Trois solutions principales permettent d’atténuer les bruits aériens :

1. Disposer sur le sol des combles un régulateur phonique : mousse polyuréthane alvéolée, mousse composite, laine minérale soufflée (épaisseur > 25 cm), laine minérale en rouleau (2 couches croisées). Économique et performante, cette solution offre, en outre, l’avantage de régler avec un matériau unique (laine de verre, laine de roche…) les isolations phonique et thermique.

2. Augmenter le poids du plancher supérieur (loi de masse) en coulant, par exemple, une chape flottante en béton de quelques centimètres d’épaisseur ou en étalant une simple couche de sable. Cette solution comporte des contraintes quelquefois insurmontables : le plancher existant doit pouvoir supporter la surcharge.

Bon à savoir : Il faut obligatoirement obtenir le consentement écrit du copropriétaire lorsque l’étage supérieur appartient à un tiers.

3. S’il est impossible d’utiliser le plancher supérieur, l’unique solution performante reste le faux-plafond suspendu à effet masse-ressort-masse, décrit au paragraphe précédent. Si les murs sont traités de la même façon, cette solution combine les protections phoniques (bruits d’impacts et bruits aériens) et l’isolation acoustique (bruits sortants et réfléchissants).

Remarque : d’autres solutions plus ou moins convaincantes sont disponibles dans le commerce pour réduire les nuisances sonores (panneaux spécialisés à coller, dalles de liège…). Toutefois, aucune d’entre elles ne semble atteindre, à budget comparable, un niveau de performance équivalent.

Insonorisation du plafond : les aides à l’isolation phonique

Les travaux d’isolation phonique et thermique sont éligibles :

  • aux différentes aides de l’État (TVA à taux réduit, prêts à taux zéro, crédits d’impôts, primes énergies…) ;
  • des collectivités locales (régions, départements, communes) ;
  • aux subventions des agences privées ou publiques telles que l’Anah ;
  • aux primes du secteur privé (distributeurs d’énergie, grandes surfaces…).

Remarque : ces aides et subventions cumulées peuvent réduire de jusqu’à 50 % l’investissement, mais sont, pour la plupart, soumises à conditions (travaux effectués par une entreprise RGE, épaisseur d’isolant, plafond de ressources...).

Prix de l’insonorisation du plafond

Le prix global est fonction du type d’isolation, du type d’isolant, des performances recherchées (on parle d’indice d’affaiblissement), de la nature des travaux annexes et des tarifs (libres) de l’entreprise sélectionnée. Ils peuvent s’étaler, main d’œuvre incluse, entre 20 € et plus 500 € TTC le m².

Remarque : impossible d’établir un devis sans une étude spécifique sérieuse et approfondie de chaque chantier. Toute évaluation rapide ou comparative s'avère donc hasardeuse.

Cependant, le prix moyen des matériaux isolants reste souvent modeste :

  • laine de verre à dérouler, épaisseur 2 x 120 mm : entre 5 et 12 € TTC le m² ;
  • laine de roche à dérouler, épaisseur 2 X 75 mm : entre 8 et 14 € TTC le m² ;
  • laine de verre à souffler : épaisseur 300 mm : entre 10 et 12 € TTC le m² ;
  • ouate de cellulose, épaisseur 100 mm : entre 20 et 30 € TTC le m² ;
  • mousse de polyuréthane alvéolé : entre 12 et 30 € TTC le m² ;
  • plaques de plâtre phoniques : entre 7 et 9 € TTC le m².

Remarque : Mention spéciale pour les aérogels, isolants de dernière génération, composés de 99,80 % d’air. Le prix de ces produits aux performances exceptionnelles avoisine actuellement 2 000 € le kilogramme. Il devrait toutefois baisser avec la vulgarisation de la technique.

Pour en savoir plus :

  • L'isolation phonique ou acoustique consiste à minimiser la propagation du son dans la maison. Faites le point sur les causes de ce problème qui nous concerne tous.
  • L'isolation phonique des planchers intermédiaires est l'un des 4 types d'isolation phonique avec l'isolation des fenêtres, des portes, des murs et cloisons.
  • Le lambris, revêtement constitué d'un ensemble de lames fixées entre elles, peut avoir plusieurs fonctions. On vous dit tout sur le lambris isolant.

Ces pros peuvent vous aider